• 20 janvier 2014
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Voyager

Japon, 2013

Voyager est devenu un fait cou­rant. Non plus un événement, mais une dis­trac­tion ou une obli­ga­tion. Une fois sorti de l’avion, on se rend à l’hôtel – un hôtel pour tou­ris­tes –, on prend des photos, on fré­quente des cafés, on marche dans les rues du centre, on écoute des guides et l’on croit que l’on sait la Chine, l’Inde ou le Sénégal ou, comme on dit aujourd’hui, que l’on a “fait” la Chine, l’Inde ou le Sénégal.

Ce qu’en fait nous apprend le voyage, c’est plutôt la grande igno­rance qui est la nôtre, ainsi que nous en pré­vient Osamu Dazaï dans Pays natal : « S’agis­sant des villes et des vil­la­ges que j’ai vus à l’occa­sion de mon voyage, j’aime­rais éviter de jouer au spé­cia­liste dis­ser­tant doc­te­ment de topo­gra­phie, de géo­lo­gie, d’astro­no­mie, d’économie, d’his­toire, d’éducation, d’hygiène, etc. Quand bien même j’aborde ces sujets, ce n’est que le résul­tat d’une recher­che faite à la va-vite : un simple vernis dont je n’ai pas lieu de me vanter. Qui veut en savoir plus là-dessus fera mieux d’inter­ro­ger les cher­cheurs qui ont étudié cette région. »

Si la fécondité de nos voya­ges n’est donc pas pro­por­tion­nelle au nombre de connais­san­ces que l’on a engran­gées en allant ici et là ou à la mul­ti­pli­cité des émotions que l’on a res­sen­ties, elle est en revan­che liée à la qua­lité des ren­contres qu’il nous est donné d’y faire. C’est de quoi se targue notre auteur japo­nais – et l’on rêve de pou­voir repren­dre ses paro­les à notre compte : « Ma spé­cia­lité à moi est autre : c’est ce que, faute d’un terme plus adé­quat, on appelle com­mu­né­ment l’amour. Les ren­contres entre les coeurs, voilà l’objet de mes recher­ches : et ce voyage m’a permis, essen­tiel­le­ment, d’appro­fon­dir ces recher­ches. »

Tous ceux qui sont liés à l’aven­ture Points-Coeur, d’une façon ou d’une autre, sont entraî­nés dans un voyage. Ceux qui par­tent et ceux qui res­tent. Un voyage qui réel­le­ment les appau­vrit. Mais aussi un voyage qui ne peut que les com­bler si ce voyage est plus qu’un voyage, si ce voyage est un pèle­ri­nage, c’est-à-dire une authen­ti­que ren­contre avec Dieu, une des­cente au plus pro­fond de soi et une atten­tion com­pa­tis­sante envers tous.


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