• 29 janvier 2013
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Une année humaine

Sr Benedicte et Liana, El Salvador © Servidoras

Il y a peu, un ami japo­nais, à son retour de Tokyo, nous racontait qu’en ces jours ses pro­ches avaient évité de se sou­hai­ter une « bonne » année, crai­gnant trop qu’elle soit pire que la pré­cé­dente qu’ils s’étaient sou­hai­tée « bonne ».
C’est dire à quel point ce sou­hait de « bonne année » peut être ambigu. Il est pour nous sou­vent syno­nyme de réus­site en tout genre, ou au moins d’absence de catas­tro­phes, de chô­mage, de mala­die, de misè­res, de prison, de déchéance fami­liale…
De façon géné­rale, sou­hai­ter une « bonne » année à quelqu’un signi­fie rêver pour lui que se réa­lise tout ce qu’il peut dési­rer : avoir une bonne santé, un tra­vail qui l’inté­resse, une famille qui lui donne satis­fac­tion, suf­fi­sam­ment de biens pour vivre, la pos­si­bi­lité d’accom­plir de beaux voya­ges. En sens inverse, c’est aussi sou­hai­ter à quelqu’un qu’il soit dis­pensé des catas­tro­phes, des mala­dies, du chô­mage, des échecs affec­tifs, de la dépres­sion…
Pour ma part, une « bonne » année, c’est une année qui per­mette à chacun de gran­dir dans ce qui est essen­tiel à son huma­nité : sa capa­cité d’émerveillement devant la réa­lité, sa volonté de se donner soi-même, d’offrir sa souf­france, de s’unir au Christ… Une « bonne » année sera peut-être une année dure, déca­pante, voire cruelle, mais c’est une année où nous serons restés debout dans l’espé­rance, forts dans la foi, fidè­les dans l’amour. Une année où nous aurons accepté de décroî­tre pour lais­ser Dieu gran­dir en nous.
À tous, je sou­haite une très « bonne » année ! Une année très humaine !

Père Thierry de Roucy


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