• 10 avril 2012
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Table ronde sur « Regards poétiques : cinq femmes baihanaises », Brésil

Fazenda do Natal, 2012

Cet évènement réu­nis­sait cinq écrivains, toutes femmes d’âges et d’ori­gi­nes bien dif­fé­ren­tes. M. Portugal, lui-même écrivain et éditeur, modé­ra­teur de la soirée, a lancé le débat par cette ques­tion : « com­ment êtes-vous arri­vées à écrire ? ». Les répon­ses ont toutes fait appel à l’enfance, au ter­roir.

Mirella Marcia Longo affirma par exem­ple : « Je crois que la pre­mière émotion poé­ti­que que j’ai pu vivre et qui m’a pous­sée à écrire fut l’expé­rience que mon père me fit faire du silence. »
La plus jeune d’entre elles, Mariana Paiva, raconta com­ment à l’âge de six ans, elle vit entrer dans sa classe d’école Mabel Velloso, pré­sente elle aussi à la table ronde, qui récita aux enfants un poème. Ce désir d’écrire la pour­sui­vit depuis lors, désir qu’elle for­mula très tôt ainsi : « j’aime­rais pou­voir faire naître chez les autres cette même émotion. »
Mabel Velloso, issue d’une grande famille d’artis­tes et soeur des deux chan­teurs et com­po­si­teurs Caetano Velloso et Maria Bethania[2] confes­sait pour sa part : « Dans mes poèmes, il y a tou­jours en arrière-fond les rues de Santo Amaro, mon vil­lage natal ». Elle dédie aujourd’hui une bonne partie de son temps à raconter des his­toi­res aux enfants, à les éveiller à l’écriture et à la poésie. Elle affir­mait avec force que les enfants avaient besoin de poésie car ce lan­gage était plus proche du leur, de leur inté­rio­rité et de leur ima­gi­na­tion.

La der­nière ques­tion de M. Portugal fut donc : « Pourquoi la lit­té­ra­ture, pour­quoi conti­nuer à écrire et à éditer des livres dans notre société bré­si­lienne qui n’a jamais mani­festé un trop grand inté­rêt pour la lec­ture ? ». Les répon­ses firent toutes appel à cet impé­ra­tif mys­té­rieux et inté­rieur qui s’impose à l’écrivain, celui d’une entre­prise vitale, iné­vi­ta­ble. La mis­sion de l’écrivain, conclut-il, de l’artiste en géné­ral, consiste à témoi­gner de l’âme de son peuple. En écrivant, il livre et « expose » ce qui l’habite lui-même, plus lar­ge­ment ce qui habite aussi ses contem­po­rains.

« L’écriture me permet de fixer ce que le temps me vole » lâcha Mirella Márcia Longo en forme de confi­dence, congé­diant ainsi les par­ti­ci­pants de cette magni­fi­que soirée.

Vu dans Terre de Compassion

Sr Laetitia

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