• 16 janvier 2014
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Suisse : Visite aux prisonniers

De Sr Pascale, en mis­sion au Point Coeur de Suisse :

Voilà déjà plus de deux mois que je tra­vaille dans une prison en tant que méde­cin géné­ra­liste. Je connais­sais encore peu l’uni­vers car­cé­ral, mon unique expé­rience remon­tant à mon temps de mis­sion à Lima, où j’ai eu l’occa­sion de visi­ter régu­liè­re­ment les jeunes d’un centre de déten­tion pour mineurs. Ces visi­tes étaient par­ti­cu­liè­re­ment inten­ses : ren­contres avec des jeunes sou­vent pris dans l’engre­nage de la vio­lence malgré eux… Certains disaient même être inno­cents, ayant été accu­sés à tort. Et quel­les pers­pec­ti­ves allaient-ils trou­ver à leur sortie de prison ?

Maintenant, c’est cette même réa­lité que je retrouve dans mon pays d’ori­gine, la Suisse. En effet, même si là il s’agit d’adul­tes, jeunes pour la plu­part, la pro­blé­ma­ti­que est la même : pas de pers­pec­ti­ves, pas de papiers, pas d’emploi condui­sent ces per­son­nes pré­ca­ri­sées à des lar­cins sans avenir… Le plus sou­vent, nous ne connais­sons pas le motif de l’incar­cé­ra­tion, ce qui contri­bue à pré­ser­ver au maxi­mum l’indé­pen­dance du méde­cin vis-à-vis du monde judi­ciaire, mais cer­tains déte­nus par­lent de ce qui les a conduits ici. Comme me disait il y a quel­ques jours l’un d’entre eux qui regret­tait son vol : « Personne n’est à l’abri d’une erreur. » C’est ce que dit le pape François dans un récent dis­cours aux aumô­niers de prison ita­liens : « Il est en prison, mais ça aurait pu être moi ». Dans ce lieu-là aussi, je tente hum­ble­ment d’être témoin de l’amour infini de Dieu qui avait dit au bon larron : « Tu seras avec moi aujourd’hui dans le Paradis. »


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