• 12 mai 2014
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Sr Bénédicte : Premiers mois à la Fazenda

Notre vie est par­ta­gée entre ce que nous vivons à la Fazenda et nos acti­vi­tés exté­rieu­res. A la Fazenda, nous nous occu­pons de tel ou tel, fai­sons des acti­vi­tés avec les enfants (du sou­tien sco­laire, du caté­chisme, ordi­na­teur, jeu, sor­ties, etc). Nous fai­sons ce que demande la vie quo­ti­dienne : laver son linge, faire le ménage, pré­pa­rer à manger, faire les cour­ses (une de mes mis­sions est celle de faire les cour­ses pour 30 per­son­nes chaque semaine) etc, ainsi que notre vie de prière.

Je visite également avec les volon­tai­res l’orphe­li­nat qui est dans la ville voi­sine. Ils sont une tren­taine d’enfants qui ont entre 2 ans et 15 ans. Cette pre­mière visite là-bas m’a bou­le­ver­sée jusqu’aux entrailles et m’a rem­plie de com­pas­sion comme jamais. Ils n’ont pas de famille. Paolo m’a accueilli et m’a emmené vers ce qui leur sert de cha­pelle et m’a demandé de lui chan­ter « Marie de Nazareth, Marie m’a cap­tivé, elle rend ma foi plus forte et m’a adopté comme fils ». ll fal­lait que je lui chante et rechante la même chan­son sans fin comme pour confir­mer et réeen­ten­dre qu’il était aimé comme fils. Un autre petit, Marlo, 4 ans pen­dant que je des­si­nais avec d’autres est venu me deman­der, comme il me voyait pour la pre­mière fois, si je savais où étaient son papa et sa maman. Un troi­sième, Matthieu, 3 ans, lors­que je me suis appro­chée de lui en lui par­lant dou­ce­ment, est venu se blot­tir dans mes bras comme un petit oiseau blessé. Il était arrivé dans ce lieu quel­ques semai­nes aupa­ra­vant et il est vrai que, entre eux, existe une grande vio­lence, c’est la loi du plus fort. Il n’a pas quitté mes bras jusqu’à ce que l’on reparte. Depuis lors, ces enfants ne ces­sent d’habi­ter mes priè­res.


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