• 2 juin 2010
en es fr

Rencontre à l’Héliotrope, Hyères

Sr Françoise-Thérèse

Sr Françoise Thérèse tra­vaille depuis plu­sieurs années en qua­lité d’infir­mière dans une maison de retraite à Hyères : l’Héliotrope. Elle nous par­tage une des nom­breu­ses ren­contres faites :

Mme P., atteinte de la mala­die d’Alzheimer est sou­vent perdue ; mais depuis quel­ques temps, elle sait retrou­ver seule le chemin de l’infir­me­rie, où je suis sou­vent, pour me confier sa détresse. Dans la confu­sion de ses pen­sées, Mme P. souf­fre car elle se rend compte que quel­que chose a changé dans sa vie depuis le début de sa mala­die mais elle ne par­vient pas à mettre des mots dessus. Un jour, je lui ai demandé si elle était croyante ; elle m’affirma avec véhé­mence qu’elle l’était tout en se fai­sant la réflexion que ces der­niers temps "elle n’avait plus l’idée de prier". Je l’encou­ra­geais alors à s’adres­ser "au Bon Dieu" comme elle s’épanchait avec moi, car Lui seul pourra l’écouter vrai­ment et saura lui donner la Paix du cœur et toute la Force dont elle a besoin. En un éclair, le regard triste de Mme P. s’est illu­miné incroya­ble­ment : "Vous avez raison, ma sœur ! Mais ce que vous me dîtes, per­sonne d’autre ne me le dit !". Je fus saisie par la réponse lucide de cette femme, et émerveillée devant la gran­deur de son huma­nité dans la plus appa­rente fai­blesse, en l’occur­rence, ici, la mala­die de l’intel­li­gence. Chaque être humain, puisse-t-il être le plus démuni par la mala­die comme par la misère, le plus sale, le plus vil… recèle en lui un trésor ines­ti­ma­ble de beauté : le cœur, lieu de la cons­cience d’être aimé par Celui qui nous a créés, et du don de notre amour en réponse.

Sr Françoise-Thérèse
JPEG - 62 ko
Un visage de l’Héliotrope

Revenir au début