• 20 juillet 2013
es fr

Poésie et angoisse de l’anonymat

CC BY-SA Harvey Barrison

« De nom­breu­ses sculp­tu­res d’Abakanowicz abor­dent la foule comme thème prin­ci­pal. Il s’agit d’un grand nombre d’indi­vi­dus, ou de coquilles d’indi­vi­dus, sans têtes, par­fois sans bras qui se res­sem­blent sans être iden­ti­ques. La foule est une image trou­blante pour Abakanowicz, car il s’agit là de perte d’iden­tité, d’une volonté com­mune qui dépasse les hommes qui la com­po­sent. Sa puis­sance étrange se retrouve quand l’on marche parmi ces sculp­tu­res à l’allure iden­ti­que, dont cha­cune détient, dans sa démar­che propre une huma­nité émouvante. » [1]
A pre­mière vue, l’artiste nous plonge dans une réa­lité qui peut appa­raî­tre sombre, à l’image d’une guillo­tine moderne qui anéan­tit peu à peu l’huma­nité, qui laisse un uni­vers mort, sans tête.

L’être humain est un tout, chargé de désir. L’artiste par son œuvre nous invite à aller plus loin que cette déca­pi­ta­tion maté­rielle et visuelle. Elle inter­roge l’huma­nité et l’indi­vi­dua­lité.

« Son œuvre devient le témoi­gnage d’un drame per­son­nel en ce sens qu’il est une prise de cons­cience tra­gi­que de notre exis­tence tem­po­raire. » [2] Une invi­ta­tion à l’huma­nité à répon­dre : Toi, dis-moi pour quoi tu vis, dis-moi ce qui te fait vivre ?

« Son grand succès réside dans le fait d’avoir su exploi­ter à la fois la poésie et l’angoisse de l’ano­ny­mat, la ten­sion entre le pou­voir de la foule et la fra­gi­lité de l’exis­tence humaine que celle-ci ne pourra pour­tant jamais détruire. » [3]

Sr Anne

Voir l’arti­cle en entier dans le blog Terre de Compassion


Notes

[1] Cf. Hannah Arendt, Origins of Totalitarianism (New York : Schoken Books, 1951)

[2] Tiré de l’article publié sur www.erudit.org « MAGDALENA ABAKANOWICZ L’IMAGINAIRE ET LE MONDE ORGANIQUE » de Claude GOSSEUN

[3] Cf. Hannah Arendt, Origins of Totalitarianism (New York : Schoken Books, 1951)

Revenir au début