• 12 février 2015
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Plus qu’une remise de diplôme !

De Sr Régine en mis­sion au Point-Coeur de Brooklyn aux Etats-Unis :

Je connais Patricia depuis bien­tôt sept ans. Elle habite dans le foyer pour femmes que nous visi­tons chaque jeudi. Pour dif­fé­ren­tes rai­sons elle n’a pas encore réussi à retrou­ver un tra­vail et n’a donc pas pu quit­ter le foyer. L’ayant invité plu­sieurs fois à venir faire la cui­sine avec moi et voyant qu’elle aimait cela, je l’ai encou­ragé à cher­cher du tra­vail dans ce domaine. Au début de l’année der­nière, elle a com­mencé une for­ma­tion en cui­sine auprès d’une asso­cia­tion qui aide des per­son­nes en dif­fi­culté à retrou­ver un tra­vail. Ce ne fut pas facile pour Pat de rester fidèle, de se rendre chaque jour sur le lieu d’appren­tis­sage, de per­sé­vé­rer jusqu’au bout. Je ne man­quais pas de l’encou­ra­ger à chaque fois que je la croi­sais et un jour Pat m’annonce avec un grand sou­rire « Il va y avoir la remise des diplô­mes, est ce que tu vas venir ? » Et elle me tend le carton d’invi­ta­tion. En même temps elle me dit : « Et je viens de rece­voir $100 et j’aime­rais t’invi­ter au res­tau­rant. » C’est ainsi que nous avons déjeuné ensem­ble chez "Five Guys". Au menu, ham­bur­gers-frites ! Pat était si heu­reuse de pou­voir m’invi­ter et de pou­voir payer pour moi.

Le jour de la remise des diplô­mes fut aussi un jour magni­fi­que. Jamais je n’avais Pat aussi rayon­nante et elle-même. Elle se tenait debout avec fierté et heu­reuse d’avoir pu aller jusqu’au bout de la for­ma­tion. Ce fut un moment unique qui m’a montré à nou­veau com­bien chaque per­sonne humaine a besoin d’être encou­ra­gée, com­bien la confiance et l’amitié peu­vent pro­fon­dé­ment révé­ler l’être d’une per­sonne. Ce soir là Pat était « grande », elle n’était plus cette femme timide et effa­cée, mais elle se tenait debout, sûre d’elle, remer­ciant les uns et les autres. Parce que plu­sieurs per­son­nes en qui elle avait confiance ont cru en elle, elle s’est mise à croire en elle ! C’est ce que nous essayons d’appor­ter à ces femmes chaque semaine, un regard dif­fé­rent qui ne les enferme pas dans leurs limi­tes mais leur révèle qu’il y a plus.


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