• 11 août 2014
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Pérou : une résurrection !

Croix au sommet de la Ensenada au Pérou

De Sr Haifa, en mis­sion au Pérou :

Depuis plu­sieurs mois, nous por­tons María de façon par­ti­cu­lière dans notre prière. Jusqu’à main­te­nant, il nous était dou­lou­reux de ne pas arri­ver à la visi­ter chez elle, puisqu’à chaque ten­ta­tive et à chaque appel au bas de sa porte, la réponse était la même : un grand silence.

Nous savions qu’elle était là, acca­blée par un som­meil « obligé ».
Comme son époux tra­vaille et que ses deux enfants étudient, María, âgée d’une qua­ran­taine d’année, reste seule dans son lit. Mais la semaine der­nière, durant les vacan­ces sco­lai­res, nous avons par­couru, Sr Miriam et moi, le chemin de terre qui nous mène à la demeure de notre amie.

Tandis que Sr Miriam s’entre­te­nait avec une amie, je la devan­çais vers la maison aux quatre murs de bois. Une bâche en plas­ti­que ser­vait de porte et une voix toute fine répon­dit « oui ! » à mon appel. C’était Marimar, la fille de notre amie Maria qui venait à ma ren­contre. Elle me fit entrer auprès de sa mère qui souf­fre d’une tumeur au cer­veau et qui se retrou­vait alitée et endor­mie à cause des puis­sants cal­mants.

Il fal­lait se pen­cher et pres­que s’age­nouiller avec Marimar en cares­sant Maria de notre voix : « María ! » « María, tu m’entends ? » « Maman ! Maman ! les sœurs vien­nent te rendre visite ! Maman, réveille-toi ! Maman, maman... ». Au bout de quel­ques minu­tes inter­mi­na­bles, Maria ouvrit les yeux avec beau­coup d’efforts. Elle me regarda avec un air un peu perdu au début et puis, petit à petit, me reconnais­sant, me fit un petit sou­rire et me dit : « je pen­sais que vous m’aviez oubliée ! ». Sr Miriam arriva juste après et nous sommes res­tées auprès du lit de Maria un bon moment. Sa fille Marimar s’était assise au pied du lit, atten­tive à sa mère et gar­dant un silence lourd de sa souf­france. Maria avait du mal à parler nor­ma­le­ment, mais elle était très lucide et capa­ble de nous écouter et de se faire com­pren­dre.

Ce jour-là, c’était la veille de la Transfiguration. En réponse au désir de Maria, nous égrainions une dizaine du cha­pe­let, nous chan­tions ensem­ble deux chants à la Vierge Marie, et nous choi­sis­sions de lui parler de la grande Fête du len­de­main. Après ce temps de prière, le regard de Maria brillait de vie et d’espé­rance.

« Maria, veux-tu rejoin­dre ton groupe de prière avec Sr Marie-Emmanuel pour un petit moment ? » « - Oh oui, ma sœur, je vou­drais bien. » Sa fille Marimar s’étonna de plus belle et une lueur de joie enva­hit son triste visage. Très vite elle se leva pour aller cher­cher la chaise rou­lante. Avec Sr Miriam et Marimar nous avons aidé Maria à se rele­ver, à s’habiller et à rejoin­dre le groupe ! C’était la pre­mière fois depuis plu­sieurs mois main­te­nant que Maria sor­tait de chez elle, et de fait, elle n’arri­vait pas à mar­cher.

C’était comme une résur­rec­tion ! Maria fut appe­lée à sortir des ténè­bres de sa mala­die pour rejoin­dre la Lumière. Avec elle, nous étions témoins de la force irré­sis­ti­ble de l’Amour qui relève du som­meil de la nuit pour conduire à la Vie !


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