• 23 avril 2015
fr

Pâques en Roumanie

Rumania, abril 2015

De Sr Alix en mis­sion en France :

Cette année, j’ai eu la joie de vivre la Semaine Sainte en Roumanie, lors de ma visite au Point-Cœur de Deva. Ce n’est pas pour rien qu’en rou­main, comme c’est le cas dans d’autres lan­gues, elle s’appelle la Grande Semaine ! Tout, de l’Evangile de la Passion entiè­re­ment chanté lors de la messe des Rameaux et le Vendredi Saint à la très solen­nelle Vigile Pascale cou­ron­née par la pro­ces­sion du Ressuscité accom­pa­gnée de clo­ches et de lumi­gnons dans les rues tout autour de l’église, nous rap­pelle cons­tam­ment la gran­deur, l’impor­tance toute par­ti­cu­lière de ce Mystère cen­tral de l’année litur­gi­que et de notre foi.

Nous avons pu par­ta­ger ces Jours Saints avec nos dif­fé­rents amis : les enfants de l’orphe­li­nat pour l’Office de la Passion, les jeunes de la paroisse venus chez nous pour faire mémoire du Seder [1], les per­son­nes âgées du quar­tier, nos amis Roumains et nos amis Hongrois, nos amis Tziganes et nos amis expa­triés, les prê­tres de tout le dio­cèse, notre évêque latin et notre ami évêque grec-catho­li­que… La Transylvanie est riche de cette diver­sité et notre mis­sion de pré­sence et d’amitié sans condi­tion nous donne un accès pri­vi­lé­gié auprès de tous : nous sommes gâtées !

Le moment le plus fort fut sans aucun doute pour moi le Chemin de Croix que nous avons vécu avec nos amis mala­des ou âgés du quar­tier, toute la mati­née du Vendredi Saint. Avec les cinq filles du Point-Cœur Saint-Nicolas, nous sommes sor­ties en pro­ces­sion der­rière la belle croix en bois de la cha­pelle, entrant chez l’un ou l’autre pour cha­cune des qua­torze sta­tions. Après un temps de prière, nous pre­nions aussi un moment pour nous asseoir et écouter Tanti Laura, Tanti Margareta, Tanti Anouchka ou Ozi confier leurs souf­fran­ces et leurs angois­ses à Jésus Crucifié en nous les confiant à nous, en tenant la croix ou en l’embras­sant avec une foi et une sim­pli­cité bou­le­ver­san­tes… et tou­jours en concluant par une expres­sion bien cou­rante en Roumanie : « Ce să facem… Aşa este ! » (« Que pou­vons-nous faire… C’est ainsi ! »), dit avec une force et une confiance qui nous ont beau­coup tou­chées et affer­mies… Oui, après de nom­breu­ses années d’une vie bien dif­fi­cile, nos amis sont capa­bles de tenir fermes dans la foi et l’espé­rance, nous plon­geant au cœur du Mystère de la Passion et de la Résurrection !

Et comme pour nous rap­pe­ler que nous ne pou­vons pas sépa­rer ces deux évènements, tandis que nous célé­brions l’Octave de Pâques, les Orthodoxes et les Gréco-catho­li­ques célé­braient à leur tour la Semaine Sainte. Il nous a donc été donné de nous replon­ger avec eux dans la contem­pla­tion du Christ qui se donne jusqu’au bout, en par­ta­geant avec nos amis gréco-catho­li­ques leur si belle Liturgie du Jeudi Saint et en nous lais­sant entraî­ner, impré­gner, par leur façon de regar­der et vivre la mémoire du Lavement des pieds et du don de l’Eucharistie… Quelle grâce que de pou­voir ainsi goûter un peu de cette richesse de l’Eglise !


Notes

[1] Repas de la Pâque juive qui remémore le repas pris à la hâte pour fuir l’esclavage en Egypte

Revenir au début