Au Salvador, nos premiers « bienfaiteurs » sont nos employés ! Nous avons deux ouvriers et trois gardiens qui nous aident et dont l’attitude m’enseigne et m’évangélise !
Elías et José Elías, nos deux ouvriers, s’occupent du terrain de café et d’oranges depuis maintenant cinq ans. Ils sont d’une fidélité et d’un grand respect pour nous. Ils se donnent pleinement dans leur travail, jusqu’au bout et faisant souvent plus que ce qui leur est demandé. Ils perçoivent leur travail comme un service par amitié pour nous et pour faire de ce lieu un endroit beau et sacré, où Dieu est présent. Il y a entre nous une réelle préoccupation pour l’autre et une vraie amitié avec eux et leur famille. Au mois d’août, à l’occasion de la première récolte du maïs, les familles qui ont récolté invitent leurs proches et amis à un succulent repas uniquement constitué à base de maïs. Cette année nous étions les invités de José Elías pour ce repas de fête !

Notre gardien de nuit Don Guillermo est aussi un exemple de service, de gratuité et d’amitié. Nous avons une totale confiance en lui. Il est toujours là pour nous donner n’importe quel service ou conseil, faire des réparations dans la maison de manière complètement gratuite. Un de ses plus beaux gestes est lorsque nous arrivons en voiture, il court au portail pour nous l’ouvrir avant que nous ne descendions nous-même de voiture ! Chaque soir, l’une de nous va lui apporter un café chaud pour sa nuit de veille et discute avec lui de sa journée, de ses soucis, de sa santé… C’est un temps privilégié d’écoute et d’amitié dont le Christ est le centre.
Lorsque Don Guillermo est en repos, c’est un de ses amis Don Fabio qui vient le remplacer. Celui-ci est pasteur évangélique et il vient une fois par semaine veiller sur nous, religieuses catholiques, et ce gratuitement car il refuse toute rémunération. Au Salvador où les relations entre catholiques et évangéliques ne sont pas toujours très amicales, c’est un miracle permanent ! Nous nous sommes aussi liées d’amitié avec sa famille que nous allons visiter de temps en temps. Sa femme Irma a été invalide pendant plusieurs mois à cause d’une fracture et nous l’avons accompagnée à l’hôpital quand nous pouvions. Alors que je poussais niña Irma dans son fauteuil roulant, nous attirions des regards stupéfaits ! Un voile catholique poussant un voile évangélique (les femmes évangéliques portent aussi un voile blanc) ! De temps en temps, les petits-fils de Don Fabio l’accompagnent pour nous voir, nous donner leur dernier dessin et profiter des nombreux jouets de la maison !
Il y a enfin, Don Virgilio qui vient également remplacer de temps en temps Don Guillermo pour lui permettre de se reposer un peu plus. Tout est histoire de solidarité, d’amitié et de gratuité dans le travail. Rien pour soi, tout pour l’autre.
