• 17 décembre 2011
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Noël, le Mystère

Couverture du livre « Noël, le Mystère »

A l’occa­sion de la publi­ca­tion du livre du père Thierry de Roucy inti­tulé Noël, Le Mystère, nous vous pro­po­sons la lec­ture de l’avant-propos : Le train de Noël.

Ce fut, il n’y a pas si long­temps, la mode des publi­ca­tions des Carnets de Voyage. Un texte racontant ses péri­ples, livrant son diaire écrit à la main sur quel­ques aqua­rel­les des lieux que l’on visite, des événements que l’on vit. Une œuvre où l’image vient à la res­cousse du texte, ce que l’on voit à la res­cousse de ce qui est dit. Pour mieux vous trans­por­ter.

Même si Noël, c’est Bethléem, c’est une crèche, c’est un âne et un bœuf que l’on peut des­si­ner et pein­dre, des anges qui se met­tent à chan­ter, Noël est aussi plus qu’un lieu, plus qu’un fait divers, plus qu’une sym­pho­nie. C’est un voyage mais dont on ne revient pas, c’est une mise en orbite vers l’infini Mystère, une expé­rience à jamais inchoa­tive, une pro­messe qui se réa­lise dans la mani­fes­ta­tion d’un visage.

Le poète (le théo­lo­gien) comme le pein­tre, le com­po­si­teur comme le sculp­teur sont dépas­sés au seul nom de Noël. L’un peut bafouiller trois mots et l’autre étaler une pano­plie de cou­leurs, le troi­sième faire jaillir, du silence secret, une nuée de notes et le qua­trième sus­ci­ter quel­ques formes d’un magma gigan­tes­que. Mais, devant son œuvre, il demeure à jamais déçu. Cet « en deçà » fait partie de la dis­pro­por­tion qu’il doit assu­mer et qui, elle-même, n’est pas sans lais­ser trans­per­cer quel­que chose de ce qu’il veut révé­ler.

Pour éviter un trop grand désas­tre, des éclats de cou­leur, des ébauches de mou­ve­ments, des élans de formes vien­nent ici au secours des mots bal­bu­tiés – ceux du simple chré­tien et ceux des témoins. L’écrit tend la main à la cou­leur, l’occi­dent à l’orient, la raison à l’ima­gi­na­tion. Cela dans un coup de pin­ceau qui nous trans­porte de l’autre côté de la rive, qui nous pro­jette dans des puits de lumière et de nuit, de ten­dresse et de vio­lence, dans un enche­vê­tre­ment de réa­li­tés humai­nes et divi­nes dans lequel l’art même est aboli.

Noël devient une palette de cou­leurs en mou­ve­ment, une sym­pho­nie de gestes habi­les et impé­tueux, une lumière qui atter­rit sur la terre. La cou­leur pénè­tre la toile comme le divin la terre. L’or se mêle à l’ocre, le blanc au carmin, le pour­pre au gris.

Quant au livre lui-même, il ne rêve qu’à dis­pa­raî­tre dans les cime­tiè­res des œuvres d’hier et de demain. Les mots qui le com­po­sent à s’effa­cer devant le Verbe. Les cou­leurs devant La lumière infinie qui lie, en un bou­quet, la gamme de toutes tein­tes. Le Verbe, la Lumière, Dieu…

Ce livre est donc quel­que part un authen­ti­que Carnet de voyage. C’est une invi­ta­tion à grim­per à la res­cousse dans le train dont, devant nous, s’ouvrent les portes. Ce n’est pas le train qui roule vers Dachau ou les Goulags, même si, par­fois, il peut faire une halte en ces lieux redou­tés, c’est un train qui conduit à la décou­verte d’une Présence dont le nom est si doux que nos lèvres ne peu­vent à peine le pro­non­cer… D’une Présence offerte à tous nos cœurs, assoif­fés de misé­ri­corde. C’est un train unique, qui n’a pas de retour. Un train unique pour chacun. C’est le train de Noël…

Père Thierry de Roucy

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