• 4 juin 2012
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La prière des tout-petits : Aparecida et Daniel, Brésil

Aparecida et Sr Josette, Brésil 2011

De Sr Josette, Fazenda do Natal, mai 2012 :

"Je désire par­ta­ger avec vous un moment qui nous a été donné de vivre avec Aparecida et Daniel à l’Eglise, pen­dant la prière du cha­pe­let. Ce jour-là Aparecida était très énervée toute la jour­née, enchaî­nant crise sur crise. Quant à Daniel, il a 8 ans et est de carac­tère plutôt joyeux. Ces der­niers mois, cepen­dant, il a acquis la répu­ta­tion d’être l’ « enfant le plus ter­ri­ble » de toute la Fazenda en raison de sa dureté.

Récemment, une amitié a com­mencé à naître entre Daniel et Aparecida. Et pen­dant le cha­pe­let, Daniel, com­men­çant à prier sa dizaine, se lève et s’assoit à côté d’Aparecida, lui deman­dant en toute sim­pli­cité : « Cida, vou­drais-tu prier avec moi cette dizaine ? » Aparecida le regarde avec une grande inten­sité et un grand sou­rire, puis se met à prier avec lui toute la dizaine.

J’étais bou­le­ver­sée de voir com­ment Daniel s’est appro­ché d’Aparecida, phy­si­que­ment et inté­rieu­re­ment, cher­chant une com­mu­nion pro­fonde et pro­po­sant son amitié, sans peur de rece­voir un coup en réponse. Aparecida, de son côté, lui a sim­ple­ment ouvert la porte de son cœur.

Les deux ont mis tout leur cœur dans cette prière des « pau­vres et des tout-petits ». Je me sen­tais petite, si petite devant le Mystère de cette com­mu­nion qui se pas­sait devant mes yeux : com­mu­nion entre eux, et com­mu­nion avec Dieu. Je men­diais hum­ble­ment la grâce de « par­ti­ci­per » un peu à ce qui se pas­sait, et je ren­dais pro­fon­dé­ment grâce à Dieu d’être témoin de Sa Présence dans le cœur des plus pau­vres et des plus petits, ce coeur qui reste le lieu où Il aime se révé­ler.
J’ai beau­coup pensé à P. Thomas Philippe (qui a fondé la com­mu­nauté de l’Arche avec Jean Vanier) et à la cons­cience d’amour, ce trésor des tout-petits qui leur permet de tou­cher le Mystère dans sa sub­stance, dans ce qu’Il EST. P. Thomas aimait raconter, qu’à chaque fois qu’il pro­non­çait le nom de Jésus à l’Arche, il remar­quait que les per­son­nes han­di­ca­pées avaient comme une pro­fonde joie, car pour eux le nom de la per­sonne c’est sa pré­sence même.

Aparecida n’arrive pas à pro­non­cer les paro­les du « Je vous salue Marie », elle les bre­douille. Il est cepen­dant une parole qu’elle pro­nonce par­fai­te­ment et avec tout son cœur, c’est le nom de Jésus ! "


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