• 9 novembre 2011
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La nouveauté d’Assise

La nouveauté d’Assise, 2011

Le 27 octo­bre 2011, le Pape Benoît XVI avec trois cents repré­sen­tants de tra­di­tions reli­gieu­ses du monde entier et de non-croyants se sont faits "pèle­rins de la vérité, pèle­rins de la paix" dans la ville du Poverello. Ce pèle­ri­nage se déroule vingt-cinq ans après la pre­mière ren­contre his­to­ri­que d’Assise convo­quée par le bien­heu­reux Jean-Paul II qui sou­hai­tait que l’"Esprit d’Assise" ne se tarisse pas…


Assise : ren­contre des délégations par KTOTV

L’"Esprit d’Assise", expres­sion créée par Jean-Paul II lui-même, est centré sur l’enga­ge­ment des croyants des diver­ses reli­gions à pro­mou­voir une culture de paix. "Cette ren­contre avait, selon Jean-Paul II, une force spi­ri­tuelle explo­sive, elle était capa­ble de libé­rer de nou­vel­les énergies de paix".

L’"Esprit d’Assise" devait conti­nuer à se dif­fu­ser dans le monde entier, sus­ci­tant en chaque lieu de nou­veaux témoins de paix et de dia­lo­gue, s’oppo­sant à l’esprit de vio­lence, à l’abus de la reli­gion comme pré­texte pour la vio­lence.

C’est bien ce que Benoît XVI a rap­pelé à tous les chré­tiens à la veille de ce pèle­ri­nage pour la paix : "Les chré­tiens ne doi­vent jamais céder à la ten­ta­tion de deve­nir des loups parmi les loups. Ce n’est pas avec le pou­voir, avec la force, avec la vio­lence que le royaume de paix du Christ s’étend, mais avec le don de soi, avec l’amour porté à l’extrême, même à l’égard de ses enne­mis. Jésus ne vainc pas le monde avec la force des armes, mais avec la force de la Croix, qui est la véri­ta­ble garan­tie de la vic­toire. Et cela a pour consé­quence pour celui qui veut être un dis­ci­ple du Seigneur, son envoyé, d’être également prêt à la pas­sion et au mar­tyre, à perdre sa vie pour Lui, afin que dans le monde triom­phent le bien, l’amour, la paix." (Audience géné­rale du mer­credi 26 octo­bre 2011)

Dans son inter­ven­tion à Assise, il réaf­firme, « avec force et grande fer­meté », que la reli­gion ne peut être que "por­teuse de paix" : « la vraie nature de la reli­gion » n’est pas de sus­ci­ter la vio­lence. "Celui qui est en chemin vers Dieu, ne peut pas ne pas trans­met­tre la paix. [...] L’orien­ta­tion de l’homme vers Dieu, vécue avec droi­ture, est une force de paix." Puis se tour­nant vers les chré­tiens, le pape sou­li­gne que "la Croix du Christ est pour nous le signe de Dieu qui, à la place de la vio­lence, pose le fait de souf­frir avec l’autre et d’aimer avec l’autre."

Face à la vio­lence moti­vée par la reli­gion "qui met toutes les reli­gions face à la ques­tion de leur nature, nous contrai­gnant tous à une puri­fi­ca­tion", il y a celle moti­vée par "l’absence de Dieu qui conduit à la déchéance de l’homme et de l’huma­nisme."

Attentif à l’éclipse de Dieu, Benoît XVI a eu l’idée d’invi­ter à cette ren­contre inter­re­li­gieuse de prière pour la paix plu­sieurs non-croyants, déployant ainsi un nou­veau volet de l’"Esprit d’Assise". Il sait qu’"il existe aussi, dans le monde en expan­sion de l’agnos­ti­cisme, une autre orien­ta­tion de fond : des per­son­nes aux­quel­les n’a pas été offert le don de pou­voir croire et qui, tou­te­fois, cher­chent la vérité, sont à la recher­che de Dieu. Des per­son­nes de ce genre n’affir­ment pas sim­ple­ment : « Il n’existe aucun Dieu ». Elles souf­frent à cause de son absence et, cher­chant ce qui est vrai et bon, elles sont inté­rieu­re­ment en marche vers Lui. Elles sont « des pèle­rins de la vérité, des pèle­rins de la paix ». Elles posent des ques­tions aussi bien aux athées mili­tants qu’aux croyants. [...] Ces per­son­nes cher­chent la vérité, elles cher­chent le vrai Dieu, dont l’image dans les reli­gions, à cause de la façon dont elles sont sou­vent pra­ti­quées, est fré­quem­ment cachée. Qu’elles ne réus­sis­sent pas à trou­ver Dieu dépend aussi des croyants avec leur image réduite ou même défor­mée de Dieu. Ainsi, leur lutte inté­rieure et leur inter­ro­ga­tion sont aussi un appel pour les croyants à puri­fier leur propre foi, afin que Dieu – le vrai Dieu – devienne acces­si­ble."

Ainsi donc, en ouvrant la porte aux agnos­ti­ques et à tous les "hommes de bonne volonté", Benoît XVI met les croyants et les incroyants ensem­ble devant leur res­pon­sa­bi­lité et les engage à un néces­saire pro­ces­sus de puri­fi­ca­tion pour "se retrou­ver dans cet être en marche vers la vérité… et servir ensem­ble la cause de la paix", « animés par le désir commun d’être des pèle­rins de la vérité, des pèle­rins de la paix ».

 

Sr Sophie

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