• 23 mars 2012
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Jailson un enfant de la Fazenda do Natal, Brésil

Jailson et Béatrice, février 2012, Brésil

Depuis quel­ques mois, Jailson, un enfant du quar­tier du Point-Coeur de la Coroa au Brésil, vient à la Fazenda pour passer le week-end avec les soeurs et les volon­tai­res, une fois tous les 15 jours. Sr Josette nous témoi­gne :

Il a déjà vécu à la Fazenda quand il était plus petit, après une grande épreuve lors­que, dans les bras de sa maman, il a assisté à la mort de son père, fusillé dans le quar­tier par une bande, pour des his­toi­res de règle­ments de compte. Après cette année passée à la Fazenda avec sa maman, il est retourné dans son quar­tier, tout en gar­dant un grand amour pour la Fazenda.

Aujourd’hui ils habi­tent près du Point coeur, et leur famille s’est agran­die : la maman qui a 35 ans, (malade et gra­ba­taire, ne pou­vant quit­ter son lit, Jailson l’aide énormément), le beau père de Jailson, et ses 2 peti­tes soeurs de 3 et 2 ans, très mignon­nes.
A chaque fois que je vais les visi­ter, Roberta (la petite soeur de 3 ans) s’accro­che à mon habit en me disant : « Tia, moi aussi je pré­pare mon sac et je viens avec toi… ». Leur maison est minus­cule et très pauvre, Jailson porte beau­coup de res­pon­sa­bi­li­tés pour ses 11 ans. C’est un enfant qui souf­fre énormément, et à la fois je suis très tou­chée par sa joie de venir passer quel­ques jours chez nous.

Pendant les vacan­ces il est resté une semaine avec nous : il a été un maître pour moi dans l’émerveillement. Lui, qui porte beau­coup de souf­fran­ces, il était heu­reux de toutes les pro­po­si­tions que nous lui fai­sions : les études, les jeux, les bai­gna­des au lagon, les moments de prière, les petits ser­vi­ces à la maison, accueillant TOUT avec une grande joie et une sim­pli­cité, pro­fi­tant de chaque ins­tant à fond.

En regar­dant sa joie malgré tout ce qu’il porte de ‘dou­lou­reux’, je pense à cette phrase de P. Thierry : « Ce sont nos enfants ! Les plus beaux ! J’ai donc appris à ne pas m’api­toyer sur leur sort par des : ‘ô mes pau­vres petits !’. J’ai appris à les regar­der comme Dieu les regarde. J’ai appris à décou­vrir leur liberté et le Royaume à tra­vers eux. Leur tris­tesse et leur détresse sont un appel cons­tant à notre ten­dresse. Ils nous ouvrent les portes de la vraie vie : celles de notre coeur. Ils nous désar­ment et nous font don de l’essen­tiel. »

Sr Josette

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