Ce lundi 3 Janvier, nous a été donné de vivre à New York un petit événement qui pour sûr est passé très inaperçu et n’a pas eu d’écho dans la presse, mais qui, nous le croyons, en a eu un très profond dans les cœurs de ceux qui y ont participé. Quoi donc ? Rien de plus simple, ni de plus original : à l’invitation de notre ami Makoto Fujimura, peintre contemporain, nous sommes allés célébrer l’office de vêpres dans la galerie où se terminait l’exposition de ses magnifiques toiles illustrant la Bible de King James.
Pourquoi donc aller prier dans une galerie d’art ? Quel en est le sens ? Makoto nous y invite ainsi : "Aujourd’hui, nous avons un langage pour célébrer l’errance, mais nous n’avons pas de langage culturel pour aider les gens à retrouver le chemin de la maison".
La peinture de Makoto, un langage merveilleux de finesse et de profondeur, qui peut réveiller la soif du cœur de l’homme pour la Beauté à laquelle il appartient fondamentalement, l’ouvrir au mystère qui y est célébré, manifesté ; la prière, le chant choral, un langage qui ouvre dans le cœur de l’homme une attitude au delà des mots eux-mêmes, un chemin vers Celui à qui ils sont adressés et d’où il vient.
La compassion : porter et assumer, comme Makoto l’a fait en peignant ses toiles, le cris d’autres peintres qui l’ont précédé, comme Rothko et Pollock, leur recherche dans l’obscurité, parfois désespérée, d’une Présence et d’un sens ; porter et assumer, dans notre prière, le cri de tout homme vers celui qui répond en se faisant l’un de nous, en prenant notre chair en venant habiter chez nous pour nous ramener vers le Père.
Un petit chœur de membres de Points-Cœur formé pour l’occasion et une trentaine d’amis se sont retrouvés dans cette célébration fervente, humble et étonnée devant la convergence des langages ; et nous croyons que ce petit signe peut être fécond et permettre à beaucoup de retrouver le chemin vers « la maison ».


