• 15 novembre 1990
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L’Œuvre Points-Cœur = l’Œuvre du chapelet (1990)

Deuxième lettre aux Amis des enfants
– Novembre 1990 –

Très chers Amis des enfants,

Depuis le début, jamais je ne vous l’ai caché :
L’ŒUVRE POINTS-CŒUR EST LE FRUIT
DE LA RÉCITATION DU CHAPELET.

Aujourd’hui, je me dois de vous révé­ler davan­tage
ce dont j’ai la ferme convic­tion :
c’est que l’Œuvre Points-Cœur
ne tien­dra dans le temps,
ne se déve­lop­pera,
ne por­tera du fruit
que si son fon­da­teur,
que si vous-mêmes, Amis des enfants,
que si chacun de vos par­rains spi­ri­tuels,
nous sommes fidè­les chaque jour à la réci­ta­tion du cha­pe­let
– ou au moins d’une dizaine.

Dès que l’on aime,
dès que l’on a perçu
que le visi­ble n’est qu’une porte sur l’invi­si­ble, infi­ni­ment plus vaste,
on rêve d’être conti­nuel­le­ment uni à Dieu,
et aux anges et aux saints,
et aux hommes d’ici-bas, et aux femmes et aux enfants,
ceux qui sont pro­ches et ceux qui sont loin.
Et on souf­fre de s’aper­ce­voir que, sans cesse,
on est dis­trait, on est éparpillé,
on perd la paix.
On tente alors d’uti­li­ser
des métho­des de relaxa­tion,
de res­pi­ra­tion, de dila­ta­tion…
Mais, c’est dif­fi­cile !…

RIEN NE VAUT LE CHAPELET !

Cela, cette fois, semble trop simple :
c’est un moyen de vieilles femmes !
c’est une « rabâ­che­rie » infi­nie !
c’est de la mario­lâ­trie !

Écoutez : RIEN NE VAUT LE CHAPELET !
Cest le secret de prière
que Marie révèle aux pau­vres et aux petits ;
c’est par excel­lence le secret,
LA FORCE DES POINTS-CŒUR !
Et puis­que vous avez désiré aller là où, par­fois,
seule la pré­sence d’une Mère est sup­por­ta­ble,
puis­que vous avez désiré partir
laver les pieds des petits,
conso­ler les pau­vres,
souf­frir avec ceux dont le visage est
noyé de larmes,
c’est comme eux d’abord qu’il faut prier.
Il faut appe­ler Marie,
saluer Marie,
l’appe­ler encore…
la saluer encore…
jusqu’à ce que vienne le Royaume
où il n’y aura plus ni larme,
ni pleur, ni cri, ni peine… (cf. Ap 22, 4).

Le père Lamy,
si proche de chacun de nous,
jamais ne lâchait son cha­pe­let !
Il ne vou­lait perdre la pré­sence de Marie.
C’était comme si, en tenant son cha­pe­let,
il ser­rait la main de l’Immaculée,
comme un tout petit enfant donne la main à sa mère.
Nous avons trois cents photos de lui :
nous avons trois cents photos d’un prêtre qui tient son cha­pe­let.

C’EST QUE LE CHAPELET,
C’EST BIEN PLUS QUE LE CHAPELET !
On dirait une simple chaîne
avec de vul­gai­res grains…
Mais c’est la chaîne
qui unit toutes nos actions de chaque jour,
qui, par Marie, sont offer­tes à Dieu !

C’est la chaîne
qui unit dans notre cœur tous ceux que l’on aime,
et, mieux même, les gar­dent fer­me­ment dans le cœur de Marie !

C’est la chaîne
qui unit toutes nos pen­sées, nos désirs, nos ima­gi­na­tions
et nous fait deve­nir l’homme d’une unique ambi­tion :
ÊTRE TOUT À DIEU PAR MARIE !

C’est la chaîne
qui sur­tout nous unit à tous les mys­tè­res de la vie du fils de l’Homme
et nous fait porter du fruit avec lui.

On ne pen­se­rait pas tout cela :
cela paraît si simple, un cha­pe­let !
On s’ima­gine qu’il faut des exta­ses,
des trem­ble­ments et des oura­gans, des élévations et des lévi­ta­tions !

Mais non, Dieu est à portée de la main
de celui qui a le cha­pe­let en main,
dans le souf­fle léger de l’Esprit qui vient,
dans le silence intense de l’Agneau qui adore,
dans le voile de Celui que per­sonne jamais n’a vu !

Tu fais orai­son
et ton esprit se dis­sipe :
prends à la main ton cha­pe­let,
Marie te ramè­nera au fils !

Tu mar­ches dans la rue
et ton regard s’éparpille :
prends à la main ton cha­pe­let,
dans ceux que tu croi­ses tu verras que s’accom­plit l’œuvre du salut !

Tu écoutes ton frère qui se confie
et tu te sens impuis­sant à l’aider :
prends à la main ton cha­pe­let,
ton frère par­tira consolé par l’amour d’une Mère !

Tu mar­ches dans la nuit, tu tra­ver­ses des lieux périlleux
et tu as peur :
prends à la main ton cha­pe­let :
"Quand vous cir­cu­lez en réci­tant le rosaire, vous n’avez rien à crain­dre.
Vous pouvez cir­cu­ler en toute confiance"
(père Lamy).

Tu te mets au lit,
tu souf­fres d’insom­nie :
garde à la main ton cha­pe­let,
mys­té­rieu­se­ment, tu sou­la­ge­ras ceux qui atten­dent
de voir la pleine lumière de Dieu.

C’EST QUE LE CHAPELET,
C’EST BIEN PLUS QUE LE CHAPELET !

C’est LA CLÉ
qui ouvre le trésor cons­ti­tué par le « oui » de Marie.
C’est LA PRIÈRE
qui permet à Dieu de chan­ger l’eau en vin.
C’est LA PORTE
de celui qui veut entrer dans l’esprit des Béatitudes.
C’est LA MAIN
qui guide dans la volonté de Dieu.
C’est LA CHAÎNE
qui unit l’huma­nité dans le cœur de la Mère.

Lorsqu’appa­raît Marie,
tou­jours elle invite à la prière :
"Priez ! Mais priez donc !"
et son regard nous dési­gne le cha­pe­let,
et sa main nous tend le cha­pe­let.

Si c’était plus com­pli­qué,
peut-être obéi­rait-on… (cf. 2 R 5, 13),
mais cela semble trop simple
et pour­tant rien de plus ne nous est demandé !
Tout ce qu’elle nous dit,
fai­sons-le !
Comme des ser­vi­teurs obéis­sants,
rem­plis­sons les jarres :
cela suffit à Dieu
pour chan­ger l’amer­tume en louange,
la haine en amour,
la peti­tesse en puis­sance,
le déses­poir en espé­rance.

Un jour,
le jour de notre Pâque,
dans nos mains
nos pro­ches met­tront un cha­pe­let !

Un jour,
bien des jours après notre Pâque,
dans notre cer­cueil les archéo­lo­gues
ne trou­ve­ront ni or ni argent :
comme tout trésor,
ils trou­ve­ront un cha­pe­let…
Quel tes­ta­ment !

Et nous alors,
nous ver­rons de nos yeux glo­rieux
que le cha­pe­let,
c’est vrai­ment bien plus que le cha­pe­let ;
qu’un simple petit Je vous salue Marie
fait des mer­veilles sur la terre
et donne au ciel tant de joie…

Il ne faudra pas regret­ter de n’en avoir pas dit assez !

Le cha­pe­let que vous avez reçu lors de la messe d’envoi,
avec un si beau cœur sur la croix,
usez-le donc,
semez des Ave Maria sur tous les che­mins où vous passez,
dans tous les cœurs que vous croi­sez !
Dites-le len­te­ment,
avec ten­dresse,
avec foi,
avec espé­rance,
à l’inten­tion de tous les petits
– c’est alors que vous leur don­ne­rez le meilleur :
votre prière à Marie –,
et dans leur main à eux,
mettez un cha­pe­let
– c’est ce que vous leur lais­se­rez de meilleur :
la pré­sence de Marie.
Et puis, que chaque jour un peu plus,
dans le cœur de Marie,
le cha­pe­let unisse tous les Amis des enfants,
ceux d’aujourd’hui et ceux de demain,
tous vos par­rains et toutes vos mar­rai­nes,
tous ceux qui croient en la puis­sance de l’amour nu.

Par l’Immaculée,
"tou­jours sur la brèche",
je vous bénis
et vous renou­velle l’assu­rance
de mon intense com­mu­nion,
de ma totale confiance,
et de ma vive reconnais­sance.
Oh oui !
pour les petits
– je vois leur visage qui sourit –,
pour lui
– je vois son cœur consolé –,
pour elle
– la Mère des misé­ri­cor­des, la Reine des Points-Cœur –,
je vous dis :
"Merci !"

Amis des enfants,
– que dis-je ? –
amis du cha­pe­let,
à bien­tôt !
À très bien­tôt !

Père Thierry de Roucy

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