• 31 décembre 2013
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John Bradburne, le vagabond de Dieu

© John Bradburne Memorial Society

John Bradburne, per­son­nage com­plexe et inclas­sa­ble, per­son­na­lité « kaléi­do­sco­pi­que » comme le décrit l’un de ses nom­breux amis, est sans doute l’une des figu­res les plus fas­ci­nan­tes et atta­chan­tes de sain­teté et d’huma­nité du XXème siècle.

En mars 1969, lorsqu’il décou­vre la lépro­se­rie de Mtemwa, c’est le choc. À la vue des condi­tions inhu­mai­nes dans les­quel­les vivent les 80 lépreux, il sent un flot de com­pas­sion et de colère le sub­mer­ger : « Aucun être humain ne devrait en être réduit là ». Il sait immé­dia­te­ment que c’est ici que Dieu et la Vierge l’appel­lent. Comme son maître saint François ou un saint Damien de Molokaï (sur la tombe duquel il avait lon­gue­ment prié quel­ques années aupa­ra­vant), il ren­contre le Christ dans le visage souf­frant et les plaies de ses amis lépreux. Pourtant on est loin du « doc­tri­naire » qui voit de loin les lépreux et juge facile d’avoir des beaux sen­ti­ments envers eux. « Au début, ils sem­blent répu­gnants avec leurs plaies, leurs moi­gnons et leurs visa­ges défor­més. Et puis entrant dans la lumière de Dieu, ils sont deve­nus sus­cep­ti­bles d’une amitié véri­ta­ble. Devenus aima­bles, tu peux admi­rer leur patiente rési­gna­tion. Je ne les aime pas seu­le­ment, comme on pour­rait dire pour… l’amour de Dieu, mais parce qu’ils sont mes amis. J’espère que vous com­pren­drez ce que je veux dire. »[3] John sur­nommé rapi­de­ment Baba John devient alors un père, un frère et un ami pour ces 80 lépreux. Il s’ins­talle avec ces hommes et ces femmes défi­gu­rés, man­gent avec eux, les soi­gnent avec une déli­cate ten­dresse, leur don­nant le bain et leur offrant avant tout son amitié. Il trans­forme peu à peu ce lieu infer­nal en une oasis de paix, de joie et de foi. Pour autant, sa vie avec ces hommes et ces femmes ne l’empê­che pas de vivre sa vie de prière. Il chante l’office des vigi­les à minuit, pen­dant une heure, debout à 6h00 du matin pour un autre office. Il refait la cha­pelle de la lépro­se­rie puis avec la per­mis­sion de l’évêque, il peut donner la com­mu­nion aux per­son­nes qui le dési­rent. Il les console, les accom­pa­gne dans leur chemin de souf­france vers la mort. Il fait venir des méde­cins pour les soi­gner. Il invite aussi d’autres per­son­nes dans ce lieu dit « infâme ». Celles-ci appor­tent des cadeaux de toutes sortes et vien­nent sur­tout pour deve­nir amis à leur tour de ces per­son­nes attein­tes de la lèpre. Ses poèmes sur ses amis lépreux sont parmi les plus bou­le­ver­sants de toute son œuvre. Comme par exem­ple celui écrit lors du décès de Peter :
« Lépreux – ils cons­ti­tuent un puis­sant mys­tère,
Crucifiant d’abord pour eux-mêmes…
Étrange Peter lépreux,
Tu es bien sûr un saint,
À moins qu’il n’y ait aucun saint pour hono­rer notre temps !
Tu n’es pas tombé de tout ton long
Dans l’abîme mort de l’enfer,
De n’avoir plus vu de subli­mes vues ter­res­tres,
Avec ton bâton d’aveu­gle
Et ta foi plei­ne­ment catho­li­que
Tu t’es élevé len­te­ment, jusqu’à la contrée céleste. »

Lire l’arti­cle en entier dans le blog Terre de Compassion

© John Bradburne Memorial Society
© John Bradburne Memorial Society

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