• 25 mai 2014
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France : des coeurs sans a priori

Baptême, d’Elsa, mai 2014

Extrait de la lettre de Sr Albane, en mis­sion au prieuré de Hyères, mai 2014 :

Les jeunes géné­ra­tions d’aujourd’hui n’ont par­fois jamais entendu le nom de «  Jésus  ». On pour­rait s’en attris­ter et à la fois, ce sont des coeurs sans a priori, des coeurs tout ouverts, qui décou­vrent au hasard des ren­contres et de l’amitié, le visage du Christ.

Je pense par exem­ple à ces deux ado­les­cen­tes que je pré­pare au bap­tême, elles ont 13-­‐14 ans et cha­cune de nos ren­contres est pour elles un émerveillement. La semaine der­nière, elles décou­vraient que Jésus avait fait des mira­cles, qu’il était encore parmi nous grâce aux prê­tres, à l’Eglise… Il faut voir leur yeux écarquillés, leurs ques­tions d’une sim­pli­cité et d’un bon sens sou­vent désar­mant  : «  Mais pour­quoi Dieu veut-­‐il tou­jours passer par les hommes  ? Il en a pas marre qu’on en fasse qu’à notre tête  ?  » Et quand l’heure s’achève, «  C’est déjà fini  ? Mais j’ai encore une ques­tion…  ». Leur soif de Dieu est conta­gieuse et très rafrai­chis­sante  ! Au début je pré­pa­rais des «  cours  », aujourd’hui je me laisse guider par leurs ques­tions qui nous entraî­nent tou­jours plus loin dans la décou­verte du mys­tère de Dieu…

Il y a aussi deux peti­tes filles qui ont ren­contré l’évêque («  un mon­sieur avec une grande canne tordue au bout  ») dans la rue le jour de la messe finale de la mis­sion parois­siale en mars. Depuis, elles ont décidé de venir «  s’ins­crire  » à l’Eglise. Elles s’apprê­tent donc à com­men­cer le caté­chisme, elles ont 8 et 9 ans. Je les ai ren­contrées dans l’église un soir où je m’apprê­tais à fermer les portes. Elles étaient toutes seules, age­nouillées au milieu de nef. Je me suis appro­chée d’elles et elles ont com­mencé à me bom­bar­der de ques­tions  : «  Pourquoi Jésus, il est mort sur la croix  ?  » J’essaye de répon­dre en quel­ques mots. «  Mais pour­quoi sur la croix  ? pour­quoi pas dans un nau­frage en bateau  ?  » «  Et là  ? dans le coin, c’est quoi  ?  » Le taber­na­cle… Et de nou­veau, j’essaye d’expli­quer l’Eucharistie en quel­ques mots adap­tés à des enfants. «  Et la grande table là, toute dorée  ?  » L’autel… «  C’est beau  !  » Leurs ques­tions appe­laient de vraies répon­ses aux­quel­les elles res­taient sus­pen­dues, les ponc­tuant de «  Oh  » et de «  Ah  »… On aurait dit que l’amour de Dieu dont je bre­douillais mala­droi­te­ment quel­ques mots péné­trait dans leurs coeurs d’enfant où il était attendu depuis tou­jours pour y faire sa demeure.

Dernièrement j’ai pris un verre avec une autre jeune, de 17 ans cette fois, nous nous sommes ren­contrées au stage BAFA et elle vou­drait nous accom­pa­gner au camp des col­lé­giens pour vali­der son diplôme. Dés le départ elle m’a annoncé la cou­leur  : «  C’est gênant si je ne suis pas catho­li­que  ?  » Je lui donne les règles du jeu puis elle enchaîne à son tour, pleine de curio­sité  : «  Mais pour­quoi t’es reli­gieuse  ?  » «  Pourquoi Jésus est mort sur la Croix  ?  » Décidément, cette ques­tion inter­pelle beau­coup… Elle écoute, toute ouïe, puis elle me dit «  Ce doit être si beau de croire  ! Moi je crois en un Dieu, mais je ne sais pas qui il est.  » J’ai mal­heu­reu­se­ment dû inter­rom­pre notre dis­cus­sion spon­ta­née pour reve­nir aux ques­tions plus pra­ti­ques du camp. Mais elle est si enthou­siaste d’y par­ti­ci­per qu’elle aura bien l’occa­sion de décou­vrir un peu plus ce Dieu qui nous fait vivre pen­dant les dix jours que nous pas­se­rons cet été dans les vol­cans d’Auvergne.

Quand je ren­contre ces jeunes, quand je me fais le récep­ta­cle de leurs ques­tions, de leur soif, quand je bre­douille à peine quel­ques mots de cet immense mys­tère de la foi, je redé­cou­vre le trésor que nous por­tons, com­bien l’Evangile est «  Bonne Nouvelle  », com­bien ces bal­bu­tie­ments sont déjà lumière pour leur vie, et réponse à l’attente de leur coeur  !


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