• 17 juin 2011
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Facebook et les ados ou la quête de l’amitié

"Vous avez reçu une demande d’amitié sur face­book". C’est ainsi qu’est noti­fiée à l’inter­naute bran­ché la sol­li­ci­ta­tion d’un nou­veau contact. Clic sur la touche « accep­ter ». "Vous avez accepté … comme ami sur face­book." Un nouvel ami !

La plu­part des jeunes ado­les­cents ont un compte face­book. Un compte pour raconter sa vie, se tenir au cou­rant de celle des autres, échanger des nou­vel­les, être « en contact » avec ses amis. Un engoue­ment qui date du début des années 2000, et qui ne cesse de croî­tre, posant de légi­ti­mes ques­tions, éthiques : Que publier sur son mur ? Qu’est ce qui est du domaine privé, et du public ? mais aussi, sur le sens d’un tel réseau : Facebook peut-il être au ser­vice de la crois­sance d’une amitié, au ser­vice d’une rela­tion vraie, réelle et non vir­tuelle ? Surtout, il semble bon de s’inter­ro­ger sur les rai­sons d’un tel succès et sur la soif qu’il tra­duit.

Facebook est un moyen d’être en rela­tion avec beau­coup de per­son­nes. C’est aussi un lieu pour par­ta­ger sa vie, où par­fois, les ados se « met­tent en scène », pour atti­rer l’atten­tion sur soi, avec tout ce que cela tra­duit de quête du regard de l’autre, de la recher­che de l’assu­rance que « je suis quelqu’un d’aima­ble, quelqu’un qui peut être aimé. »

Les jeunes y cher­chent quelqu’un qui les com­prenne vrai­ment, qui sait tout de leur vie. L’engoue­ment des jeunes ados face à un tel réseau met au jour le désir onto­lo­gi­que de chaque homme, celui d’une pré­sence, d’une amitié, le désir d’une com­mu­nion. "Si on n’est pas connecté sur Facebook, on passe à côté de pleins de choses, on n’est plus dedans", nous disait un jeune, tra­dui­sant ainsi la peur d’être « à côté », de ne pas être accepté, estimé, reconnu…

Une jeune col­lé­gienne confiait, un peu désa­bu­sée "ma meilleure amie, elle est tou­jours sur face­book, avec son iPhone… Quand on est ensem­ble, on ne parle pas, elle est tou­jours connec­tée !". Un autre défi que pose face­book : que le vir­tuel, l’échange par écran inter­posé ne soit pas le pré­texte à un désen­ga­ge­ment au cœur d’une rela­tion réelle, concrète.

Et pour­tant, cette soif d’amitié, expri­mée de manière par­ti­cu­liè­re­ment forte par les ados est vraie, elle est réelle, elle est cons­ti­tu­tive du cœur humain, signe de sa gran­deur, et les jeunes ne s’y trom­pent pas : face à une expé­rience vraie, ils sont comme réveillés dans leurs grands désirs, au point de reconnaî­tre, après trois jours de retraite sans face­book, avoir vécu une expé­rience vraie, qui les as rendus par­ti­cu­liè­re­ment heu­reux ! Le cœur ne se trompe pas. Il y a quel­ques semai­nes, une jeune lycéenne, à la fin d’une heure de témoi­gnage tout simple sur une expé­rience de mis­sion huma­ni­taire, leva la main pour dire, tout en pleu­rant : "Tout ce que vous nous avez dit, tout ce que vous nous avez par­tagé, depuis le début, de l’heure, c’est vrai. Ce sont des choses sim­ples. C’est ça la vie, c’est ça la réa­lité. C’est ça la vraie vie".

 

Sr Aurélie
 

Vu sur le blog Terre de Compassion


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