• 22 octobre 2012
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Et après

© Paul Anel, Japon 2012

Dans la presse la mode est au leit­mo­tiv. Chaque semaine, les jour­naux impri­més ou télé­vi­sés sem­blent comme déci­der d’un thème qu’ils trai­tent et retrai­tent, sans grande ori­gi­na­lité, jusqu’à ce que le thème sui­vant prenne le relai.

Tour à tour, il s’agit du trem­ble­ment de terre en Haïti, des mineurs chi­liens, de DSK, des élections fran­çai­ses… Vu l’espace qui lui est consa­cré dans la presse, on pour­rait croire que ce sujet à lui seul a autant d’impor­tance que tout le reste du monde confondu ! Puis, c’est le silence total. Très vite on ne sait plus rien ni des Haïtiens, ni des mineurs, ni des Japonais pour qui le monde s’est tant inquiété… Ils ont dis­paru de nos colon­nes… Ils nous sem­blent comme morts… Récemment, je suis informé par plu­sieurs cour­riers qu’un de mes amis est atteint d’un cancer géné­ra­lisé, que peut-être ses jours sont en danger… La nou­velle m’inquiète. Elle ne me quitte plus. Chaque jour je me demande : main­te­nant que le diag­nos­tic a été fait, qu’en est-il de lui ? Comment va-t-il ? Comment les siens sup­por­tent-ils la nou­velle ? Je prends des nou­vel­les et m’atta­che à l’après du diag­nos­tic. Un ven­dredi, le Christ est mort sur la Croix. Et après ? Après, il y a eu le samedi, jour plus vide, plus odieux, plus dou­lou­reux encore que la veille… Je veux être là le samedi saint à veiller… Partout dans le monde, il y a des len­de­mains de drame, pires encore que les jours mêmes. Ce sont des len­de­mains d’absence, des len­de­mains de déses­poir, des len­de­mains qui durent et qui durent… Je rêve que Points-Cœur puisse être là encore le jour d’après, quand est tombé le ver­dict, quand le silence s’est ins­tallé, quand l’événement s’est replié dans la tombe de l’oubli.

Père Thierry de Roucy

Vu dans le blog Terre de Compassion


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