• 3 juillet 2015
fr

El Salvador : un chemin dans les épreuves de santé

De Sr Pétronille en mis­sion au El Salvador :

Alors que je saluais Concepción avant la messe et lui deman­dais com­ment elle allait, elle me répond toute heu­reuse "si vous saviez comme Dieu m’aime !". Je la regarde étonnée et je vois que son visage rayonne de joie. J’essaie un court ins­tant d’ima­gi­ner la cause de son bon­heur. Elle reprend avec un grand sou­rire très sin­cère "oui Dieu m’a beau­coup aimé ces temps- ci ; car il m’a donné d’abord un pied cassé, puis la dengue, puis la chin­kun­gu­nya et enfin une bonne grippe !". J’éclate de rire, ne m’atten­dant guère à cette réponse ! Mais après réflexion, j’en per­çois cepen­dant un peu sa pro­fon­deur ayant la grâce d’expé­ri­men­ter la même chose.

En effet, ces der­niers mois, plu­sieurs ennuis de santé m’ont obligé à vivre d’une manière plus contem­pla­tive ma mis­sion. J’ai eu, comme il est assez cou­rant ici, la dengue, suivie d’une arthrite réac­tive qui a limité pas­sa­ble­ment mes acti­vi­tés phy­si­ques et qui me pour­suit encore fidè­le­ment (bien que plus modé­ré­ment). Ce qui fait que, concrè­te­ment, j’ai dû lais­ser jusqu’á pré­sent, mon apos­to­lat auprès des mala­des les plus éloignés, le jar­di­nage, les bala­des dans la cam­pa­gne, le ménage, etc... Comme beau­coup de nos amis j’ai pu aussi connai­tre fina­le­ment la chin­kun­gu­nya (qui, elle, est appa­rue au Salvador pour la pre­mière fois il n’y a même pas un an) etc…

Bref, ce ne fut pas la joie en appa­rence, mais pour­tant, un réel chemin de bon­heur, en tout cas un combat..., un mys­tère je dirai. Je n’étais jusqu’alors guère habi­tuée à cette situa­tion, sur­tout aussi pro­lon­gée, et je vois que c’est un chemin pour l’accep­ter peu à peu. Je me suis vite sentie petite vis à vis de nos amis, qui ne sont guères épargnés. Ils se lais­sent natu­rel­le­ment conduire par la main de Dieu, sans se poser milles ques­tions. Finalement, Dieu ne sait-il pas mieux que moi com­ment servir mon pro­chain ? En tout cas, toutes ces épreuves de santé m’ont fait sentir Dieu plus proche, sans aucun doute.

Lewis disait "Je ne crois pas exac­te­ment que Dieu nous veuille joyeux sinon que nous soyons capa­bles d’aimer et d’être aimé, il veut que nous mûris­sions parce que nous sommes comme des blocs de pierre à partir des­quels le sculp­teur qui est Dieu forme peu à peu la figure d’un homme par­fait (« Soyez par­faits comme votre Père est par­fait » _ Mt 5,48). Les coups de son ciseau à pierre qui nous font tant souf­frir, nous font aussi plus par­faits, ils nous puri­fient." (de " Tierra de som­bras" : film bio­gra­phi­que en espa­gnol sur C.S. Lewis).


Revenir au début