• 16 juillet 2013
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El Salvador : Le visage du Père

Le collège de San Pedro Perulapan

"Cela fait main­te­nant 7 mois que je me trouve au El Salvador, où je décou­vre petit à petit dif­fé­rents visa­ges de notre peuple de San Pedro Perulapan. Chaque 15 jours, Soeur Pétronille et moi par­tons tôt au col­lège de San Pedro. Là, nous atten­dent les élèves avec les­quels nous jouons, échangeons durant les récréa­tions du matin. C’est tou­jours un événement. Nous avons dans nos sacs quel­ques jeux de cartes ou autres jeux de société. Le jeu est sou­vent un bon moyen pour entrer en contact avec ces jeunes sal­va­do­riens : « Madre, vous avez le UNO ? » nous accueillent-ils sou­vent ! Spontanément, ils se réu­nis­sent à 3, 4, 5... Alors com­mence une série de par­ties bien ani­mées, qu’il est dif­fi­cile de ter­mi­ner avant la son­ne­rie de la reprise des cours. Au fur et à mesure, d’autres se joi­gnent au groupe ou regar­dent atten­ti­ve­ment le dérou­le­ment. Leur enthou­siasme, leur sim­pli­cité, leur écoute lors­que nous rap­pe­lons les règles, leur joie de nous invi­ter dans leur partie : « Vous allez jouer, Madre ? » : Je me laisse sur­pren­dre chaque fois par ces jeunes aux allu­res mala­droi­tes mais au cœur ouvert, qui se donne com­plè­te­ment dans ces moments gra­tuits que nous vivons avec eux.

Ce matin, cer­tains, ayant réa­lisé un arbre généa­lo­gi­que pour le cours d’anglais, venaient de rece­voir leurs notes pour ce tra­vail. Une chose me frap­pait : sur beau­coup, il man­quait la photo du père, ou de la mère parti(e) aux Etats-Unis, absent(e) depuis leur nais­sance ou parti(e) vivre avec un(e) autre... Certains y avaient sub­sti­tué un visage ano­nyme coupé dans un jour­nal. C’était pour moi une petite fenê­tre ouverte sur ce que vivent la plu­part de ces ado­les­cents au sein de leurs famil­les et, à la fois, une invi­ta­tion à être tou­jours plus pré­sente auprès d’eux chaque 15 jours, dans la com­pli­cité du jeu et des rires."

« Dans le coeur de chaque être humain, qu’il soit jeune ou vieux, demeure un désir ardent : celui de connaî­tre le visage d’un Père, de demeu­rer dans son coeur et de l’appe­ler "Père !" »
Extrait du livre De boue et d’or

Sr Françoise-Thérèse

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