• 3 décembre 2013
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El Salvador : Dieu avait voulu illuminer sa vie par notre visite inattendue

Il y a quel­ques semai­nes, sr Bénédicte et moi visi­tâ­mes une femme de notre vil­lage que je ne connais­sais pas encore et qui est une ancienne amie de notre maison à San Pedro Perulapán. Elle par­ti­ci­pait aux for­ma­tions, acti­vi­tés, pèle­ri­na­ges, etc. que nous pro­po­sions, mais à un moment donné, elle ne revint plus à notre maison, ni à la messe.

Elle fut sur­prise en nous ouvrant la porte de sa maison, et son visage expri­mait une grande joie de notre visite. Après nous avoir parlé un petit peu des choses qu’elle fai­sait chez elle, nous remar­quâ­mes que son visage avait com­mencé à deve­nir triste sou­dai­ne­ment, et elle nous regarda inten­sé­ment comme si elle vou­lait nous révé­ler le plus pro­fond de son cœur par son regard. Puis, elle nous dit : « mon fils (de 16 ans) ne va plus à l’école… il est accro de la drogue… plu­sieurs per­son­nes ont essayé de l’aider, mais per­sonne ne réus­sit. » Sans nous quit­ter du regard, les yeux déses­pé­rés et sup­pliants, elle nous demanda : « Que puis-je faire ? Dîtes-moi, que puis-je faire ? ». Bien que nous sachions qu’elle atten­dait de nous une réponse avec une solu­tion rapide et concrète, nous lui dîmes qu’avant tout, le plus impor­tant était de ne pas perdre la foi et l’espé­rance.

Alors, elle baissa les yeux, déçue, et nous dit les yeux rem­plis de larmes : « Je ne prie plus depuis long­temps, je n’avais même pas pensé à prier, la seule chose que je fais est d’être chez moi en cher­chant sans cesse une solu­tion, je ne peux plus en dormir. Je suis épuisée, je n’ai plus de force. Au début, je le gron­dais quand il arri­vait tard, mais main­te­nant, il est devenu si vio­lent quand je lui parle, qu’il me fait peur. Je ne l’attends plus, et j’ai décidé de ne plus rien lui dire. Je suis si fati­guée et tout m’échappe des mains. »

Nous essayâ­mes de lui dire que tout est plus dif­fi­cile et lourd dans l’obs­cu­rité, que si nous comp­tons seu­le­ment sur nos pro­pres forces et non sur Dieu, la fati­gue vient et nous tom­bons, et nous com­men­çons à faire ou déci­der des choses qui nous parais­sent bien selon notre propre juge­ment mais, en réa­lité, nous nous trom­pons. La lumière est néces­saire pour voir ce que Dieu veut et nous lais­ser conduire par Lui.

Elle nous demanda que nous l’aidions à prier et que nous lui ensei­gnons com­ment prier car elle ne savait plus com­ment faire. Puis, elle com­mença à faire mémoire de quand elle venait chez nous, de toutes les sœurs, de la paix et la joie qu’elle rece­vait. A ce moment-là, elle com­prit qu’elle était dans l’obs­cu­rité et que Dieu avait voulu illu­mi­ner sa vie par notre visite inat­ten­due.

Nous l’invi­tâ­mes à la messe du samedi dans notre cha­pelle et elle nous dit : « mais cela fait tel­le­ment long­temps que je ne vous ai pas visité, que je ne connais même pas la cha­pelle que vous avez cons­truite ! » Sa fille nous dit : « Si samedi, elle ne veut pas y aller, moi-même je l’amè­ne­rais.  »
Ce samedi, elles étaient là toutes les deux dans notre cha­pelle.

Sr Maria Adela


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