• 1er octobre 2013
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Edith Stein (partie II) : la théorie du genre

Joanna, Maja, Hannia et Angie

Dans un arti­cle pré­cé­dent, nous vous avons pro­posé quel­ques pro­po­si­tions d’Edith Stein au sujet de l’éducation des jeunes enfants. Dans sa réflexion, cette femme juive, phi­lo­so­phe, conver­tie au catho­li­cisme aborde bien des ques­tions actuel­les et apporte notam­ment quel­ques éléments de réponse à la théo­rie du genre.

« Seul celui qu’une ardente pas­sion pour le combat a aveu­glé peut nier ce fait patent que le corps et l’âme de la femme sont formés en vue d’une fin par­ti­cu­lière. Et la parole lim­pide et irré­fu­ta­ble de l’Ecriture exprime ce que l’expé­rience quo­ti­dienne ensei­gne depuis l’ori­gine du monde, à savoir que la femme est des­ti­née à être la com­pa­gne de l’homme et la mère des êtres humains. Son corps est doté des pro­prié­tés requi­ses à cette fin, mais sa spé­ci­fi­cité psy­chi­que est également à l’ave­nant. Qu’il existe cette spé­ci­fi­cité psy­chi­que, c’est dere­chef un fait empi­ri­que évident ; mais cela découle aussi du prin­cipe anima forma cor­po­ris (l’âme est la forme du corps), posé par saint Thomas. Là où les corps sont de nature si radi­ca­le­ment dif­fé­rente, il doit for­cé­ment aussi exis­ter – malgré tous les traits com­muns à la nature humaine – un type d’âme dif­fé­rent. » [1]

« Je suis convain­cue de ce que l’espèce [2] humaine se déploie en tant qu’espèce binaire, l’"homme" et la "femme", que la nature de l’être humain, auquel aucun trait carac­té­ris­ti­que ne sau­rait man­quer ici comme là, se mani­feste sous une forme binaire, et que toute sa cons­ti­tu­tion essen­tielle révèle son empreinte spé­ci­fi­que. Ainsi, ce n’est pas seu­le­ment le corps qui est cons­ti­tué dif­fé­rem­ment, ce ne sont pas seu­le­ment les diver­ses fonc­tions phy­sio­lo­gi­ques indi­vi­duel­les qui dif­fè­rent, mais c’est toute la vie soma­ti­que qui est autre : autres, les rap­ports entre l’âme et le corps, autres, à l’inté­rieur du psy­chisme, les rap­ports entre l’esprit et les sens comme les rap­ports des facultés spi­ri­tuel­les entre elles. A l’espèce fémi­nine cor­res­pon­dent l’unité et l’homo­gé­néité de toute la per­sonne somato-psy­chi­que, l’épanouissement har­mo­nieux des facultés, tandis qu’à l’espèce mas­cu­line cor­res­pond le déve­lop­pe­ment plus intense de quel­ques facultés en vue de leurs réa­li­sa­tions maxi­ma­les. »


Notes

[1] Dans une lettre du 8 août 1931 : « si l’âme est la forme du corps, la différence physique doit nécessairement être l’indice d’une différence psychique. La matière est là pour la forme et non l’inverse. Cela suggère même que la différence psychique est première. »

[2] Edith Stein emploie le terme espèce pour désigner quelque chose de fixe, qui ne peut subir aucune variation qui serait liée à un changement dans les conditions de vie, c’est-à-dire dans la situation économique et culturelle ou dans l’activité personnelle

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