• 1er juin 2011
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« Deux petits pas dans le sable mouillé » d’Anne-Dauphine Julliand

« Deux petits pas dans le sable mouillé » d’Anne-Dauphine Julliand

"On vou­drait ne jamais se réveiller. Dormir tou­jours pour éviter d’affron­ter la vérité. Quelle ten­ta­tion ! (…) Au milieu de ce chaos, une lueur : Thaïs rayon­nante souf­fle ses deux bou­gies et ouvre en riant ses cadeaux."

Ce livre est le témoi­gnage bou­le­ver­sant de cette maman appre­nant que sa fillette est atteinte d’une mala­die orphe­line qui ne lui laisse plus que quel­ques mois à vivre. Elle lui fait alors cette pro­messe : "Tu vas avoir une belle vie dont tu pour­ras être fière et où tu ne man­que­ras jamais d’amour."

Au cœur de cette épreuve, Anne-Dauphine et son mari Loïc vont se battre. Mais "Il faut veiller à ne jamais se trom­per d’adver­saire. (…) même avec la meilleure volonté, nous ne pou­vons pas sauver Thaïs. (…) Nous ten­tons de rele­ver un autre défi. « Ajouter de la vie aux jours lorsqu’on ne peut ajou­ter de jours à la vie. »"

Anne-Dauphine se laisse ensei­gner par sa fille qui devient son pro­fes­seur d’amour. Alors que Thaïs perd un à un l’usage de ses sens, sa capa­cité d’aimer ne cesse de se déployer : "Elle pos­sède une faculté innée pour déce­ler et extraire des pépi­tes de bon­heur au cœur même du mal­heur."

Devant la ten­ta­tion de renon­cer, de déses­pé­rer, devant le risque de l’iso­le­ment, Anne-Dauphine fait l’expé­rience d’une force décu­plée au cœur de sa fra­gi­lité. Elle décide de vivre dans l’ins­tant pré­sent, et de faire un pas après l’autre, de s’accro­cher aux gestes sim­ples du quo­ti­dien, de deman­der l’aide de sa famille et de nom­breux amis dont la pré­sence est un véri­ta­ble baume sur cette plaie ouverte.

Le repli sur soi, l’iso­le­ment sur sa propre dou­leur vient ébranler un ins­tant ce couple si uni : "Il faut, au cœur même de la souf­france, trou­ver la force de sécher les larmes de l’autre." Le sens de toute vie en quête du vrai bon­heur est dans cette atti­tude de com­pas­sion qui donne de regar­der tout être avec ten­dresse et gra­ti­tude.

"Nous vou­lons accom­pa­gner Thaïs et la garder le plus long­temps pos­si­ble avec nous, mais sans nous achar­ner pour la main­te­nir en vie ; nous ferons tout pour qu’elle ne souf­fre pas, mais sans abré­ger sa vie. En somme, nous vou­lons juste res­pec­ter l’ordre natu­rel de son exis­tence."

La vie peut être exigée comme un dû ou accueillie comme un don. Anne-Dauphine et Loïc choi­sis­sent de : "Savourer chaque ins­tant avec Thaïs, comme un sursis béni, un cadeau ines­ti­ma­ble".

Sr Claire

Vu sur le blog Terre de Compassion.


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