• 8 février 2013
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Argentine : « Qu’Il protège mes enfants »

Pieta © Françoise Burtz

De sr Maylis, en mis­sion en Argentine :

Lors d’un repas, Carina me confie sa préoc­cu­pa­tion pour María, la maman de son fiancé Francesco. Elle souf­fre du cancer depuis 27 ans et ce jour-là, elle venait d’être hos­pi­ta­li­sée. Les méde­cins sont pes­si­mis­tes et ne peu­vent plus rien faire. Elle a à peine 54 ans et trois enfants de 20, 22 et 24 ans. Carina est désem­pa­rée, elle ne sait plus que faire. Je lui pro­pose ma prière et ma dis­po­ni­bi­lité si elle sou­haite que j’aille la voir à l’hôpi­tal. Le len­de­main, Carina m’envoie un mes­sage avec le nom de l’hôpi­tal et le numéro de la cham­bre.

Le jour sui­vant, je vais à son chevet. María sem­blait m’atten­dre et son visage s’illu­mina quand j’ouvris la porte. Elle a beau­coup de mal à res­pi­rer, mais elle est belle. Je lui prends la main qu’elle serre. Elle me confie sa peur, sa peur de mourir et d’aban­don­ner ses enfants.
Puis, elle me dit : « A pré­sent, je demande une seule chose à Dieu : qu’Il pro­tège mes enfants ! ». C’est son ultime prière, la prière de celle qui s’est, à partir de ce moment-là, aban­don­née dans les mains de Dieu.

Je lui demande si elle désire voir un prêtre pour rece­voir les der­niers sacre­ments. Elle le désire de tout son cœur. Aucun membre de sa famille n’y avait pensé. Je pars donc le cher­cher. Providentiellement, cinq minu­tes plus tard, je trouve un prêtre qui laisse tout et arrive.

Après avoir reçu les der­niers sacre­ments, je la rejoins. Elle est en paix. Nous par­lons de ses enfants, de son mari, mais fina­le­ment, nous par­lons plus dans le silence, dans le « fiat » aban­donné à la volonté de Dieu.

Le len­de­main, les méde­cins voyant que c’est la fin, lui don­nent un séda­tif pour ne pas qu’elle souf­fre. Elle ne se réveillera plus. Le jour sui­vant, je viens de nou­veau et ren­contre toute sa famille qui veille autour d’elle. Un des fils, Francesco, le fiancé de Carina, me touche beau­coup par sa foi et sa dou­ceur. Il déborde de gra­ti­tude sur ma visite du lundi. Nous par­lons lon­gue­ment. Le ven­dredi, elle s’éteindra entouré de ses enfants, dans la paix.

Je rends grâce d’avoir été un ins­tru­ment dans les mains de Dieu pour elle. Être là, dis­po­ni­ble et pré­sente pour inter­cé­der, avoir une main dans la main de Dieu et l’autre dans celle de nos amis : quelle grâce !


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