• 1er octobre 2013
es fr

Stage de formation en Pologne

Angie et Magda, Pologne 2013

« L’homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même un être incom­pré­hen­si­ble, sa vie est privée de sens s’il ne reçoit pas la révé­la­tion de l’amour, s’il ne ren­contre pas l’amour, s’il n’en fait pas l’expé­rience et ne le fait pas sien, s’il n’y par­ti­cipe pas for­te­ment » [1]

Tout comme l’année der­nière, j’ai par­ti­cipé au stage de for­ma­tion réu­nis­sant les futurs volon­tai­res Points-coeur polo­nais, dans le nord de la Pologne. Je vous avais déjà parlé de la famille qui nous accueille pour ces deux semai­nes extra­or­di­nai­res : la famille Marycce, com­po­sée de Pani Ania, Pan Marek, et de leurs deux enfants han­di­ca­pés, Magda et Michal. Ce qui m’a frap­pée cette année, plus encore que l’année pré­cé­dente, c’est l’amour, la com­mu­nion qui règne au sein de cette famille, et d’expé­ri­men­ter com­bien cette com­mu­nion est source de conso­la­tion pour tous ceux qui les entou­rent. Pour les jeunes s’apprê­tant à partir en mis­sion, cela été un témoi­gnage bou­le­ver­sant. _ « Magda et Michal, et toute la famille sont nos modè­les, ce sont eux qui nous ont appris à être volon­tai­res » nous a confié une jeune à la fin du stage. C’est vrai. Il faut pour com­pren­dre cela voir Pani Ania, le genou posé sur l’accou­doir du fau­teuil dans lequel est allongé sa fille Magda, lui donner à manger une bou­chée de tar­tine, puis en pren­dre elle-même une bou­chée, puis lui en donner une bou­chée… Il faut voir le sou­rire de Magda, son regard lors­que sa mère appro­che son front du sien pour lui mon­trer son affec­tion. Il faut voir l’atti­tude de Michal expli­quant à son père, de retour du tra­vail, les der­niè­res nou­vel­les de la semaine. Et l’atti­tude de son père. Le grand res­pect de Michal. Et le grand res­pect de son père. Il faut voir Pan Marek, rap­por­tant à sa fille, Magda, un soir, une nou­velle tenue pour le mariage de nos amis Johanna et Bartek, qui aura lieu pen­dant le stage : une nou­velle robe, un gilet, et un col­lier de perles ! Jubilation pleine d’émotion de Magda. Joie plus inté­rio­ri­sée, mais non moins pro­fonde de son papa. Et le jour du mariage, quel moment de grâce que de le voir faire danser sa fille, en fau­teuil, au milieu de la piste !

Il faut voir tout cela pour faire « l’expé­rience de l’amour », être touché, atteint par la com­mu­nion de cette famille, accueilli en elle, et comme encou­ragé à aimer. Une com­mu­nion qui sus­cite la com­mu­nion ! Beaucoup de volon­tai­res en ont fait l’expé­rience : « Pendant ce stage, j’ai vrai­ment décou­vert, de manière concrète, ce que signi­fie être enfant de Dieu », « J’ai décou­vert que je fais partie d’une Famille », « Avant, je n’avais jamais voulu entrer dans un groupe, dans une com­mu­nauté, j’avais peur de ne pas pou­voir m’y donner. Et main­te­nant, me voici, je suis là. J’ai décou­vert un lieu où je peux donner et rece­voir ».

De plus en plus, je m’en rends compte : ce qui est refuge de conso­la­tion pour ceux que nous côtoyons, vraie com­pas­sion, ce n’est pas tant telle ou telle per­sonne, mais de manière bien plus pro­fonde, la com­mu­nion, l’unité d’une famille, d’une Communauté, d’un groupe d’amis.

Comme un reflet de la Trinité… Joie que nul ne peut ravir !

sr Aurélie, août 2013


Notes

[1] Jean Paul II, Redemptor Hominis

Revenir au début